DMLA

La Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge

Qu’est-ce que la DMLA ?

La Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge (DMLA) est une maladie chronique qui affecte la macula, zone centrale de la rétine, essentielle pour la vision fine (lecture, visages, détails). Elle touche surtout les personnes de plus de 50 ans.

 

Deux formes principales :

  • DMLA sèche (atrophique) : la plus fréquente (85-90 %), évolue lentement. Pas de traitement curatif, mais des compléments peuvent ralentir sa progression.
  • DMLA humide (néovasculaire) : plus rare mais plus agressive, causée par la croissance de vaisseaux anormaux sous la rétine. Elle nécessite un traitement actif.

Traitements disponibles

Pour la DMLA humide :

  • Injections intravitréennes d’anti-VEGF
    Médicaments : Lucentis®, Eylea®, Beovu®, Vabysmo®
    → Fréquence : 1 injection/mois au début, puis espacement selon la réponse (« treat and extend »).
  • Nouveaux traitements en développement
    → Injections prolongées (tous les 4 à 6 mois), implants intraoculaires, thérapies géniques.
  • Photothérapie dynamique (PDT)
    → Utilisée dans certains cas particuliers.

Pour la DMLA sèche :

  • Compléments alimentaires (formule AREDS/AREDS2)
    Riches en antioxydants : lutéine, zéaxanthine, zinc, vitamines C & E, oméga-3.

Mode de vie
Alimentation équilibrée, arrêt du tabac, contrôle des facteurs cardiovasculaires, port de verres teintés.

Suivi et prévention

Suivi médical indispensable :

  • OCT (Tomographie par Cohérence Optique) : image en coupe de la rétine.

     

  • Angiographie à la fluorescéine (si besoin).

     

  • Acuité visuelle : lecture de lettres (tableau type ETDRS).

     

Auto-surveillance :

  • Grille d’Amsler : surveiller toute déformation des lignes ou apparition de zones floues.

     

  • Attention aux symptômes : baisse de vision centrale, lignes ondulées, taches fixes.

💉 Déroulement d’une injection d’anti-VEGF

  1. Avant : désinfection de l’œil, anesthésie locale, position allongée.
  2. Pendant : injection indolore en moins d’une seconde dans le blanc de l’œil.
  3. Après : vision floue temporaire et/ou d’une bulle, légers effets secondaires possibles (rougeur, sensation de grain de sable).

Fréquence : phase d’attaque (1/mois pendant 3 mois), puis espacement selon réponse.
Effets secondaires rares mais surveillés : douleur persistante, infection (urgence), hausse de pression oculaire.

Résultats attendus

Selon l’évolution :

  • Amélioration : poursuite ou espacement.
  • Stabilité : maintien du rythme.
  • Récidive : reprise des injections rapprochées.

Si une molécule devient inefficace, un changement peut être proposé.

 

En résumé

  • La DMLA est une pathologie fréquente après 50 ans.
  • Des traitements efficaces existent, surtout pour la forme humide.
  • Un suivi régulier est crucial pour préserver la vision.
  • La relation de confiance entre patient et ophtalmologiste est essentielle.

❓FAQ — Injections intravitréennes (IVT) pour la DMLA

C’est l’injection d’un médicament directement à l’intérieur de l’œil, dans la cavité remplie de gel appelé vitré, afin de traiter certaines maladies rétiniennes.
Dans la DMLA, ces injections permettent de stopper ou ralentir la progression de la forme humide (néovasculaire).
Principalement dans la DMLA humide (exsudative ou néovasculaire), qui se caractérise par la formation de vaisseaux sanguins anormaux sous la rétine.
Elles sont aussi utilisées pour traiter :
   •   l’œdème maculaire diabétique (OMD),
   •   les occlusions veineuses rétiniennes,
   •   et certaines néovascularisations myopiques.
Ce sont des anti-VEGF, qui bloquent le facteur de croissance vasculaire endothélial responsable de la prolifération des vaisseaux anormaux :
   •   Ranibizumab (Lucentis®),
   •   Aflibercept (Eylea®),
 
Parfois, des corticoïdes sont injectés pour d’autres indications.
En ambulatoire, dans une salle dédiée à la clinique Saint Roch (conditions stériles proches du bloc).
   •   Désinfection rigoureuse (povidone iodée),
   •   Anesthésie locale par collyre,
   •   Injection dans le blanc de l’œil (sclère), à environ 3-4 mm du bord de la cornée.
L’acte dure moins d’une minute.
Non.
   •   On ressent parfois une pression ou un léger picotement, mais la plupart des patients disent que c’est surtout impressionnant, pas vraiment douloureux.
 
Ils sont rares, mais existent :
   •   Infection intraoculaire (endophtalmie) : ~0,05% (1/2000 injections),
   •   Hémorragie sous-conjonctivale (fréquente, sans gravité),
   •   Décollement de rétine, augmentation de la pression intraoculaire, inflammation intraoculaire, plus rares.
 
C’est pourquoi un suivi est indispensable.
Cela dépend :
   •   En général, on commence par un traitement d’attaque : 3 injections mensuelles, puis
   •   une phase d’entretien selon l’activité de la maladie (schéma « treat and extend » ou « PRN »).
 
Au total, souvent 6 à 8 injections la première année, puis le rythme s’espace selon les résultats.
   •   Un flou visuel temporaire, quelques corps flottants : bulles d’air, parfois une petite gêne ou irritation.
   •   Il est fréquent d’avoir une petite tache rouge sur l’œil (hémorragie conjonctivale) qui disparaît en 7-10 jours.
🚨 Consulter en urgence si :
   •   Douleur intense persistante,
   •   Diminution importante de la vision,
   •   Sensation de « voile noir »,
   •   Lumières (phosphènes) ou multiplication soudaine de corps flottants.

Oui, en France, les injections intravitréennes pour la DMLA sont remboursées par la Sécurité sociale. Le dépassement d’honoraire est en général pris en charge par la mutuelle.

Non, mais les injections permettent de stabiliser la maladie, voire d’améliorer la vision, et surtout de ralentir la perte visuelle.
Le traitement est souvent au long cours, parfois à vie.