La myopie

Comprendre, prévenir et traiter

La myopie est un trouble visuel où la vision de loin est floue. Cela peut être dû à un œil trop long ou à une cornée trop courbée. L’image se forme devant la rétine, entraînant une vision déformée à distance.

Prévalence

La myopie est en forte progression à l’échelle mondiale. En France, 20 % des enfants de moins de 9 ans et plus de 40 % des adolescents de 10 à 19 ans sont myopes. En 2050, 5 milliards de personnes pourraient être touchées. Les facteurs génétiques et environnementaux, comme un manque d’exposition à la lumière naturelle et un travail prolongé de près, contribuent à cette augmentation.

Prévention

Pour réduire le risque de myopie, il est recommandé de s’exposer à la lumière naturelle pendant au moins deux heures par jour et d’adopter des habitudes de travail saines, comme maintenir une distance de plus de 30 cm avec les écrans. En cas de myopie installée, des verres freinateurs, l’orthokératologie (lentilles de nuit) ou l’utilisation d’atropine diluée peuvent freiner l’évolution de la myopie.

 

Traitement Chirurgical

La chirurgie réfractive de la myopie, comme le LASIK et la PKR, permet de corriger la myopie et de réduire la dépendance aux lunettes ou lentilles. Ces techniques consistent à remodeler la cornée pour améliorer la vision. Le choix entre LASIK et PKR dépend de la forme et de l’épaisseur de la cornée, ainsi que de la présence d’autres facteurs comme l’œil sec.

Avec plus de 20 ans d’expérience, nous proposons des solutions adaptées pour corriger la myopie, que ce soit par des verres freinateurs, des lentilles de nuit, ou une chirurgie réfractive. 

Un bilan préopératoire précis et un suivi rigoureux assurent des résultats optimaux pour chaque patient.

Les origines

On attribue à Aristote le concept de myopie (IVe siècle avant J.-C.).
Le terme de myopie désignait un trouble visuel en grec « muopia » ou courte vue. Il peut s’agir d’un œil trop grand et/ou à cornée trop cambrée.
La myopie est un défaut visuel tel que plus la myopie est importante, plus la vision éloignée est floue.
Dans cet œil, trop long, l’image se forme devant la rétine, donc elle est floue.

Prévalence

La prévalence de la myopie et de la myopie forte est en augmentation dans le monde.

D’après les dernières études françaises, 20 % des enfants de zéro à neuf ans sont myopes et plus de 40 % des 10-19 ans.
Elle représente un enjeu majeur de santé publique. On estime à 5 milliards le nombre de myopes dans le monde en 2050.
Les enfants les plus à risque de présenter une myopie sont ceux dont l’un ou les deux parents sont myopes.

Mais c’est une affection multifactorielle qui comprend plus de 50 gènes, mais également une composante épigénétique liée aux modifications comportementales.

Dès le XVIe siècle, le lien entre travail de près et développement de la myopie est compris. Il sera démontré en 1987 par Schaeffel, qui pose l’hypothèse que l’excès d’accommodation entraîne une croissance compensatrice du globe.
Au XIXe siècle, il est établi que la myopie affecte préférentiellement les classes sociales aisées, avec une association statistiquement significative entre importance de la myopie et durée des études.
Mais le facteur de risque qu’est le travail en vision rapprochée ne suffit pas à expliquer l’explosion de l’incidence actuelle de la myopie en Asie.
Le manque d’exposition à la lumière du jour est actuellement mis en cause.
On sait que la lumière artificielle est délétère, car elle est bleue, avec une longueur d’onde moins grande, donc plus défocalisée que la lumière rouge. Cela entraîne des phénomènes de micro-accommodations et de défocalisation, qui favorisent la croissance excessive de l’œil.

Il est important de signaler que plus le degré de myopie est important, plus le taux de complications rétiniennes augmente, avec risque de glaucome, de décollement de rétine ou de néo-vaisseaux de la zone centrale de la rétine appelée macula.

Prévention

Actuellement, les recommandations de prévention sont :

  • L’exposition à la lumière du jour au moins deux heures par jour (en effet, le spectre de la lumière du jour est blanc). Pour la même raison, le port de lunettes de soleil en permanence à l’extérieur chez l’enfant serait délétère.

  • Le travail à une distance de plus de 30 cm de son écran, avec des pauses fréquentes : toutes les 20 minutes, regarder 20 secondes par la fenêtre.

Enfin, en cas de myopie installée chez l’enfant, il existe actuellement trois solutions à la freination myopique :

  • La correction avec mise en place de verres freinateurs. Depuis 2020 par Hoya, en 2021 par Essilor, puis Zeiss a rejoint la course en France, bien qu’il soit utilisé depuis environ 15 ans en Asie, et enfin Ophtalmic.
    En effet, une correction par des verres sphériques concaves n’empêche pas le défocus périphérique, qui est le signal à l’élongation du globe. Le principe de ces verres freinateurs est d’obtenir une image nette sur la plus grande zone de rétine possible.
    Ce port de verres pourrait avoir un intérêt de 10 à 20 ans. Il faut les proposer dès qu’il y a une augmentation d’une demi-dioptrie tous les six mois.

  • Une autre solution, beaucoup plus ancienne datant de 20 ans, mais arrivée en France en 2015, est l’orthokératologie, qui agit de la même manière. Il s’agit d’une lentille de nuit qui agit par remodelage temporaire de la cornée, avec aplatissement central, ce qui permet une vision sans correction dans la journée.
    Ce principe est issu d’une technique ancestrale chinoise, qui consistait à mettre des petits sacs de sable sur les paupières pendant la nuit.
    Les indications d’orthokératologie sont les amétropies jusqu’à sept dioptries pour la myopie, quatre dioptries pour l’hypermétropie et 3,5 dioptries pour l’astigmatisme.
    Cette technique n’est possible que chez des enfants et des parents compliants ayant compris les règles d’hygiène.
    L’enfant doit au moins dormir huit heures et commencer sa nuit sur le dos. Par ailleurs, si la cornée est plus plate au centre qu’en périphérie, la lentille sera inefficace. Il existe également la possibilité de correction en lentilles de jour, mais chez l’enfant cette solution majore le risque infectieux et interdit la baignade.

  • La dernière solution est l’utilisation d’atropine diluée à 0,05 % pendant au moins deux ans, une goutte le matin jusqu’à l’âge de 15 ans, mais ce dosage n’est pas disponible en pharmacie de ville.

Traitement de la myopie

Pour des myopies inférieures à -6 dioptries, la stabilisation de la myopie survient en général entre 20 et 25 ans, mais certaines études montrent une progression à vie de certaines myopies.

Lorsque la myopie est stabilisée, les techniques de correction chirurgicale de la myopie pour une indépendance aux lunettes ou aux lentilles peuvent être proposées.
L’orthokératologie chez l’adulte ne doit être proposée qu’en cas d’impossibilité à opérer.
En effet, cette technique réduit la zone optique corrigée et induit des phénomènes de halos nocturnes, qui peuvent rendre la conduite de nuit difficile.

Traitement : chirurgie réfractive de la myopie

Je pratique les techniques de chirurgie réfractive de la cornée depuis plus de 20 ans, avec toutes les évolutions que nous avons pu connaître pendant ces deux décennies.

Il existe deux techniques : le Lasik ou la PKR.

La PKR, ou photokératectomie réfractive, existe depuis 1988. Il s’agit d’un laser à excimères pulsé qui émet dans les ultraviolets à la longueur d’onde de 193 nm. Les photons hautement énergétiques rompent les liaisons intermoléculaires sans effet thermique significatif.
Le Lasik est issu de la convergence des deux techniques de découpe de la cornée : l’une mécanique (kératomileusis), l’autre optique (PKR) au laser à excimères.

Ce sont des techniques qui vont consister à aplanir la cornée de manière plus ou moins importante en fonction de la myopie.
Elles ne sont possibles qu’après évaluation topographique de la cornée, que je réalise dès la première visite au cabinet sur le topographe MS39.

En effet, certaines déformations cornéennes, dont le kératocône, responsable d’une déformation progressive de la cornée très souvent favorisée par les frottements répétés, sont une contre-indication à toutes les techniques de chirurgie laser.

Ces deux techniques vont utiliser le même laser de traitement que l’on appelle laser excimer.
À la Clinique de la Vision, j’utilise la plate-forme Bausch & Lomb Teneo, qui est un laser de dernière génération extrêmement rapide, ce qui réduit considérablement le risque de haze.

Plus la myopie traitée est importante, plus il va y avoir de tissu cornéen ablaté.
C’est également le cas si l’on veut une grande zone optique, lorsque le patient a une grande pupille.
Il faut donc définir le meilleur compromis entre l’importance de la myopie et la zone optique que l’on veut traiter, pour prévenir le risque de halos autour des phares en conduite de nuit et préserver l’architecture de la cornée.

Cela conditionne le choix des techniques : si la cornée est fine, il faudra privilégier une PKR.

Pendant longtemps, j’ai été une grande adepte du Lasik, plus chirurgical et moins douloureux en postopératoire, ce qui réduisait probablement mes indications sur les cornées fines.

Le Lasik a le mérite d’une récupération excessivement rapide dès le lendemain, sans douleur, mais il a l’inconvénient de devoir réaliser un capot superficiel cornéen à charnière, avec un premier laser Intralase Johnson & Johnson, de 90 à 100 microns, et cela n’est pas toujours possible sur des cornées fines.

En 2022, la PKR, qui consiste à aborder la cornée sans réalisation d’un capot, mais simplement par ablation de l’épithélium, a bénéficié d’une avancée majeure sur la plate-forme Bausch & Lomb.
Cet épithélium, que nous enlevions manuellement, est actuellement enlevé par le laser. On parle actuellement de TransPKR.
Bien que la récupération soit toujours plus longue qu’en Lasik, de l’ordre de cinq jours, l’ablation de l’épithélium cornéen au laser a permis de diminuer de manière significative la douleur postopératoire et d’accélérer la récupération visuelle.
La PKR a également l’avantage de ne pas aggraver un syndrome sec préexistant.

À ce sujet, nous avons mis en place à la Clinique de la Vision toute une structure de diagnostic de l’œil sec, car l’inconvénient du Lasik reste l’aggravation d’une sécheresse oculaire, qui dans nos vies connectées est de plus en plus fréquente.

Lors de la première visite préopératoire, je peux être amenée à vous demander, surtout si vous êtes âgé de plus de 50 ans, de réaliser un LipiView (dépistage de l’œil sec) avant le deuxième bilan préopératoire effectué au cabinet.
Lors de ce deuxième bilan, qui doit être effectué après avoir enlevé préalablement vos lentilles depuis au moins trois jours, j’utilise parfois un collyre cycloplégique, qui va annuler la part accommodative de votre myopie afin de traiter au plus juste.
Lors de ce deuxième bilan, vous devez repartir à pied, accompagné ou en transport en commun, car vous serez dilaté avec un trouble de l’accommodation pendant quatre heures.

Cela me permet également de réaliser un bilan rétinien complet à la recherche de déchirures périphériques et d’éliminer un glaucome par tomographie par cohérence optique, qui sont beaucoup plus fréquents chez le myope.
Lors du bilan rétinien, l’examen du fond d’œil est réalisé en mode contact, ce qui me permet d’appréhender votre réactivité et votre capacité à supporter une chirurgie Lasik.
En effet, lors d’une chirurgie Lasik, il y a un contact direct du cône d’aplanation laser sur l’œil.

La procédure de traitement est réalisée après une séance d’hypnose ericksonienne. Toutefois, certains patients sont dans l’incapacité de supporter ce contact, et l’examen du fond d’œil contact me permet de l’appréhender en amont.
Cet examen conditionne alors mon choix pour l’une ou l’autre technique, car le dernier avantage de la TransPKR est que vous n’avez aucun contact à supporter sur l’œil pendant la procédure, qui est par ailleurs beaucoup plus rapide, ce qui est intéressant pour un patient moins compliant.

Pour résumer

Si vous n’avez pas l’œil sec, que vous avez une cornée de bonne épaisseur et que vous n’êtes pas craintif, vous pouvez bénéficier de l’une ou l’autre technique.

Si vous avez plutôt une cornée fine, un œil sec, et que vous ne pouvez supporter aucun contact pendant la chirurgie, la TransPKR sera à privilégier. Il faudra alors accepter de supporter quelques douleurs postopératoires et d’avoir une récupération moins rapide.

Dans tous les cas, je vous dirigerai dans le choix de la technique, qui dépendra de votre degré de myopie et de la présence ou non d’un astigmatisme.

Suivi et complications

Mes 20 ans d’expérience m’ont permis d’acquérir un recul sur l’évolution de ces techniques de chirurgie au laser.

Comme toute chirurgie, il n’y a pas de chirurgie sans risque.
Il faut bien évidemment accepter quelques contraintes postopératoires transitoires.
Les règles de prudence et les contraintes d’instillation de collyres, ainsi que les visites postopératoires, vous seront données lors de la programmation chirurgicale :
J1, J5, J30 pour le Lasik ; J5, J30 pour la PKR.

Toutefois, ce que l’on peut retenir de 20 ans d’évolution, c’est que nous avons accru notre degré de prudence.
Le bilan préopératoire, réalisé de manière de plus en plus rigoureuse avec des technologies de plus en plus fiables, nous pousse à récuser un plus grand nombre de patients qu’il y a 20 ans.
Ceci a permis d’éliminer le risque d’ectasie.

Concernant la technique peropératoire, la reconnaissance de l’iris, la rapidité du laser et sa capacité à suivre les mouvements de l’œil dans les trois dimensions, avec perfectionnement des eye-trackers, permettent d’avoir des résultats de plus en plus précis, de développer le concept de supervision, avec traitement des aberrations optiques et des acuités postopératoires très fréquemment à 20/10.
Toutefois, en cas de résultat insuffisant, une retouche est possible à partir du troisième mois.
Le taux de retouche est corrélé à l’âge du patient et à son degré de myopie.
Mon taux de retouche actuel est à moins de 1 %.

La TransPKR m’a permis de me réconcilier avec la technique de PKR, avec une récupération beaucoup plus rapide aujourd’hui et une douleur postopératoire bien plus acceptable.