Chirurgie de la cataracte

1. En quoi consiste la chirurgie de la cataracte ?

   •   L’œil fonctionne un peu comme un appareil photo : la cornée et le cristallin font converger la lumière sur la rétine, qui envoie l’image au cerveau.
   •   Avec la cataracte, le cristallin, qui est normalement clair et transparent devient opaque. C’est cette lentille qui est vidée de son contenu pendant l’opération en préservant son enveloppe postérieure avec mise en place d un implant intraoculaire (une lentille synthétique transparente en PMMA).

2. Comment se prépare l’intervention ?

Avant l’opération

  •   Des mesures précises de votre œil, sont réalisées au cabinet médical grâce à des examens appelés biométrie oculaire (pour connaître la puissance de l’implant à poser).
  •   Un bilan de vos yeux est établi (rétine, cornée, pression intraoculaire…). Je réalise donc systématiquement une topographie cornéenne , une microscopie spéculaire pour étudier la face interne de la cornée, ainsi qu’une tomographie par cohérence optique du nerf optique et de la macula (zone centrale de la rétine).
  •    Il est exceptionnel qu’un bilan sanguin ou un ECG soient demandés par l’anesthésiste mais une consultation de pré anesthésie est obligatoire.

Choix de l’implant

  •   En fonction de vos habitudes de vie, il est possible de choisir :
  •    Un implant monofocal: vision nette de loin, lunettes pour lire ou l’inverse, si vous avez toujours été myope
  •    Un implant multifocal permettant de voir de loin et de près sans lunettes mais avec un risque de halos en conduite de nuit.
  •    L’implant mono focal ou multifocal peut être également torique afin de corriger un l’astigmatisme associé.

Seuls les implants monofocaux sont pris en charge intégralement par l’assurance maladie.

3. Le jour de l’opération

Installation et anesthésie

  •   Vous êtes installé confortablement en position allongée dans un bloc opératoire stérile.
  •   On désinfecte soigneusement l’œil et on met un champ opératoire (drap stérile) autour du visage.
  •   L’œil est anesthésié localement : le plus souvent avec des gouttes et du gel. L’anesthésiste vous injecte dans la veine des anxiolytiques et des antalgiques.

Vous restez éveillé pendant toute l’intervention, mais vous ne voyez pas ce que fait le chirurgien : vous percevez seulement des lumières et des ombres avec parfois des sensations de pression, mais sans douleur. L’opération se déroule en musique.

4. Comment se déroule la chirurgie elle-même ?

La phaco-émulsification

  •   La technique la plus courante est la phaco-émulsification avec utilisation d’ultrasons pour la fragmentation du noyau cristallinien.
  •   Je réalise trois micro-incisions : 1 de 2,2 mm et 2 de 1 mm sur le bord de la cornée.
  •   Une sonde à ultrasons est introduite dans l’œil pour fragmenter et aspirer le cristallin opacifié.
  •   J’injecte l’implant par l’incision de 2,2 mm et je le positionne dans le sac cristallinien qui est optiquement vide. Lorsque je corrige l’astigmatisme, l’implant est positionné dans un axe prédéfini projeté dans mon microscope opératoire.

Les points ?

   •   L’incision est tellement petite qu’elle se referme toute seule en cinq jours, sans point de suture. Cela favorise une récupération rapide. C’est pour cette raison que vous devez garder une coque de protection.

5. Après l’opération

  •   On vous emmène en salle de repos où une collation vous est servie. Vous rentrez chez vous le jour même, avec une coque de protection sur l’œil.
  •   Vous aurez une ordonnance pour des gouttes antibiotiques et anti-inflammatoires, à mettre pendant environ 4 semaines.
  •   Des contrôles réguliers sont programmés, souvent le lendemain puis entre 15 et 20 jours, afin d’adapter la correction optique.

6. Quels sont les objectifs et les limites ?

  •   Le but est de rendre sa transparence au cristallin.
  •   Si la rétine et le nerf optique sont en bon état, la vision est souvent excellente après la chirurgie, parfois meilleure qu’avant la cataracte.

– Mais l’opération n’améliore pas une maladie de la rétine déjà présente (DMLA, rétinopathie diabétique…) ni les problèmes de nerf optique (glaucome).

– La vision pourra donc être limitée par d’autres maladies oculaires associées.

7. Est-ce une chirurgie risquée ?

  •   C’est l’intervention la plus pratiquée au monde, avec des millions de patients chaque année et un taux de succès supérieur à 98%.
  •   Les complications existent mais sont très rares (infection grave appelée endophtalmie, décollement de la rétine, œdème…).
  •   C’est pour cette raison qu’il faut se soumettre aux rendez-vous post-opératoires et instiller les collyres prescrits qui contiennent des antibiotiques et anti-inflammatoires.

En résumé

  • Une opération techniquement très précise, réalisée sous microscope, qui permet de retrouver une vision nette et lumineuse avec une vision des couleurs retrouvée.
  • C’est une intervention indolore, rapide et fiable, qui transforme la qualité de vie des patients.
Qu’est-ce qu’un implant intraoculaire ?
 
Lorsqu’on opère une cataracte, on vide le cristallin naturel dont le contenu est devenu opaque, mais il faut bien le remplacer car le cristalin a pour rôle de faire converger les rayons lumineux sur la rétine. Lorsque l’on est jeune, il est capable de s’adapter pour que la vision de loin et de près soit nette. On appelle ça l’accommodation.
Lorsque le cristallin est cataracté il perd sa transparence et il n’est plus capable de faire la mise au point loin/près.
 
C’est là qu’intervient l’implant intraoculaire (ou IOL pour Intra Ocular Lens en anglais) :
c’est une petite lentille artificielle qui est insérée dans l’enveloppe du cristallin: le « sac capsulaire ».
 
Cette lentille reste en place toute la vie, elle ne se déplace pas et ne s’use pas.
 
 
Depuis quand pose-t-on des implants ?
   •   Avant les années 1950, on opérait la cataracte en retirant le cristallin malade mais on ne mettait pas d’implant : les patients devaient porter ensuite des grosses lunettes très épaisses, ou des lentilles de contact.
   •   C’est en 1949-1950 que Sir Harold Ridley, un ophtalmologiste anglais, a eu l’idée de poser un implant en plastique dans l’œil d’un patient, après avoir remarqué que certains éclats de plastique de cockpit dans les yeux des aviateurs pendant la guerre n’étaient pas rejetés.
   •   Les implants sont devenus courants dans les années 1970-1980, grâce à l’amélioration des matériaux et des techniques chirurgicales.
Aujourd’hui, poser un implant est le standard universel dans la chirurgie de la cataracte.
Lors de la consultation préopératoire, vous aurez un questionnaire à remplir afin de mieux vous connaître et que je puisse vous aider dans le choix de votre Implant.
 
 
👓 Qu’est-ce qu’un implant monofocal ?
 
L’implant monofocal est le plus classique.
   •   Il est conçu pour donner une vision nette à une seule distance, le plus souvent de loin.
   •   Cela veut dire qu’après l’opération, la plupart des patients voient très bien pour conduire, regarder la télévision, se déplacer, mais auront besoin de lunettes pour lire ou voir de près.
Attention, si vous avez toujours été myope et que vous souhaitez privilégier votre vision de près, cela est également possible, mais vous aurez des lunettes pour voir de loin.
Cela se décide lorsque je réalise la biométrie préopératoire.
✅ Avantages :
   •   Excellente qualité optique
   •   Peu de halos ou d’éblouissements la nuit
   •   Couvert par l’assurance maladie.
 
 
👓 Qu’est-ce qu’un implant multifocal (ou progressif) ?
 
Les implants multifocaux sont plus sophistiqués.
   •   Ils ont des zones ou des anneaux optiques qui permettent de voir à plusieurs distances en même temps, en général de loin et de près, parfois aussi en vision intermédiaire (ordinateur).
   •   L’objectif est de réduire la dépendance aux lunettes, voire de s’en passer complètement.
 
 
✅ Avantages :
   •   Plus grande liberté sans lunettes.
 
🚩 Inconvénients possibles :
   •   Petits phénomènes de halos ou d’anneaux lumineux la nuit (phénomène normal lié à la physique de la lentille).
Il existe des implants à profondeur de champ étendu qui seront moins satisfaisants en vision de près, mais permettront d’éviter le phénomène de halos en conduite de nuit.
   •  Votre œil ne doit présenter aucune pathologie sous-jacente pour pouvoir en bénéficier.
 
Ces implants ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale, un reste à charge peut exister selon votre mutuelle.
 
 
👓 Et les implants toriques ?
 
Ce sont des implants qui corrigent l’astigmatisme, un défaut optique où la cornée n’est pas parfaitement ronde.
On peut les combiner en version monofocale ou multifocale. Ils sont calculés spécifiquement pour votre œil.
Ils doivent être positionnés dans un axe prédéfini par le chirurgien en pré-opératoire.
 
 
Aujourd’hui, grâce à ces implants, la chirurgie de la cataracte ne se limite pas à « retirer la cataracte » : elle permet aussi d’optimiser la vision, presque comme une chirurgie réfractive afin de diminuer la dépendance aux lunettes.

❓FAQ

La cataracte est un vieillissement naturel de l’œil : le cristallin situé derrière l’iris qui est normalement transparent devient progressivement trouble.
Cela rend la vision floue, les couleurs moins vives et augmente la sensibilité à la lumière.
Non. Il n’y a jamais d’urgence médicale à opérer.
On décide d’opérer quand la cataracte gêne vraiment votre vie quotidienne : lecture, conduite, télévision, loisirs… ou qu’elle est responsable d’un décalage dans la vision entre les deux yeux (perte de la vision du relief).
Il existe toutefois des cas de cataractes, très évoluées pré intumescentes ou bien des cataractes responsables d’une montée tensionnelle qui peuvent justifier d’une chirurgie semi-urgente.
   •   Elle dure environ 10 à 30 minutes en comptant l’installation.
 
   •   Vous êtes éveillé mais sedaté par voie intraveineuse (consultation de pré-anesthésie obligatoire) et l’œil est endormi par instillation de collyres et de gel sans piqûre autour de l’œil.
 
   •   C’est une chirurgie ambulatoire à la clinique Saint-Roch de Montpellier : vous rentrez chez vous le jour même.
 
   •   Il n’est pas possible de conduire, mais un transport aller-retour par véhicule sanitaire léger peut vous être prescrit.
Non.
L’anesthésie locale potentialisée par des drogues intraveineuses fait que l’intervention est indolore. Vous ne sentez pas le geste chirurgical mais vous voyez la lumière, et vous pouvez ressentir une pression à certains temps chirurgicaux.
Cela dépend :
   •   Avec un implant « standard », vous verrez bien de loin, mais aurez besoin de lunettes pour lire. Si vous êtes myope, la vision de près peut être privilégiée, mais vous aurez des lunettes pour voir de loin.
   •   Avec des implants « multifocaux » ou « toriques », on peut aussi corriger la vision de près et/ou l’astigmatisme. Lors de la visite préopératoire, je vous guide afin que vous choisissiez la meilleure solution pour vous, sous réserve des possibilités qu’offrent votre œil et votre vision antérieure.
Souvent, la vision s’améliore dès le lendemain.
Il faut parfois quelques jours à quelques semaines pour stabiliser complètement la vision. La nouvelle correction est prescrite entre 15 et 20 jours après si vous n’avez pas opté pour un implant multifocal.
La chirurgie de la cataracte est l’intervention la plus réalisée dans le monde, avec un très haut taux de succès.
Les complications graves sont rares, mais elles existent (infection, inflammation, décollement de la rétine). Une feuille exposant tous les risques vous sera remise avant l’intervention.
   •   Mettre des gouttes dans l’œil pendant quelques semaines (pour éviter l’infection et aider à cicatriser).
   •   Eviter de frotter l’œil et de porter des charges lourdes pendant quelques jours surtout si vous avez été opéré avec correction de l’astigmatisme.
   •   Respecter les rendez-vous de contrôle pour bien surveiller la guérison.